Ma saison 2009 par Nathalie Duchesne

De Femme d’éleveur de canaris, je suis passé en une saison à éleveuse de canaris.Les obligations professionnelles de mon éleveur de canaris préféré, le menant au loin, j’ai dû m’atteler à la tâche afin de faire prospérer notre cheptel de petit oiseaux. Bien sûr depuis nombres d’années, j’accompagne mon éleveur chéri dans sa passion, mais de là à faire moi-même, toute fine seul, l’élevage d’une centaine de canaris il y a une marge, une bien grosse marche à monter. Mais que Dieu me vienne en aide,   je me suis plongé dans l'expérience. Et le mot plongé,   me semble bien faible vu l’ampleur des travaux (rires).


Avant son grand départ, il prit bien soin de me sélectionner les couples à reproduire, selon la génétique et les rendements vocaux qu’il voulait atteindre. Il a fait livrer une montagne d’objets utilitaires, tels que feutres pour les nids, mangeoires, médicaments. MÉDICAMENTS (devrais-je me transformer en infirmière volante, cela ne faisait pas partie du MARCHÉ). Et me concocta un mélange de graines, afin de  stimuler nos petits volatiles et de leur apporter tous les éléments essentiels au bon développement des futurs oisillons. Je dis bien futur oisillons, ceux qui n’existaient pas encore et qui peut-être n’existeraient jamais..

Mon éleveur favori confiant dans mes capacités de gestion et d’organisation familiale avait toute sa confiance. Mais pas moi !Lorsqu’on élève des canaris, on part de loin…de très loin. Tout d’abord faut-il qu’ils s’accouplent  et pour cela mâle et femelle doivent être prêts. Sinon c’est la bagarre. Et quelle bagarre (J’ai même vue une de mes femelles crevés un oeil de son Jules trop persévérant! il y avait du sang partout! Quel plaisir, quel beau loisir! Avant son départ, mon observateur d’éleveur m’avait prodigué ces précieux conseils. Il est très important d’observer, d’observer et d’observer, car ce n’est qu’avec l’observation que tu pourras poser les bons gestes aux bons moments. MAIS QUELS GESTES ET QUELS SERA LE BON MOMENT !!!!!! Ne t’en fais pas, fait toi confiance ! Donc ayant en tête le conseil d’observer, je me mis à observer. Et je fus catapulté dans ce micro-monde fascinant de l’élevage des canaris.

C’est vraiment en période de reproduction que l’on peut voir la personnalité propre à chacun de mes nouveaux protégés. Tout d’abord il s’avéra que certaines des femelles ne voulaient rien savoir des compagnons parfaitement compatibles génétiquement que mon éleveur absent avait sélectionné. Que faire ? Et bien, en sélectionnant moi-même une autre compagne génétiquement compatible avec la liste que mon mari m’avait laissée. JE VOULAIS des petits, mais je désirais surtout l’harmonie,   que mon couple sélectionner s’unisse pour le meilleur et non pour le pire.

Ce qui fut fait, miracle de ces unions, les futures mamans femelles, comme mon éleveur confiant me l’avait prédit, se mirent à pondre des petits cocos pour Nathalie qui a eu chaud !

La première étape accomplie, je soustrayais religieusement jusqu’aux quatrièmes œufs, les œufs amoureusement pondus…Ou du moins pondus, ayant pris soin lors de la ponte du premier, de glisser sous les fesses de ses mesdames un œuf en plastique. Donc inscrivant minutieusement la date possible de l’éclosion ou de l’arrivée du miracle, j’attendis patiemment l’heureux évènement…

C’est long, 14 jours. Armé de ma baguette magique illuminée, je vérifiais constamment les probabilités qu’il y ait un petit poupou dans ces œufs. Oh espoir !!! la transformation s’opérait et mon orgueil grossissait. J’étais peut-être devenue une ÉLEVEUSE DE CANARIS et oui ! moi l’accompagnatrice, j’allais réaliser ce miracle. Moi toute fine seule, moi, moi, moi !

 Dans l’espoir de ce jour divin de l’éclosion, je surveillais température et humidité, eau et nourriture. Tranquillité et routine étaient de mise. D’ailleurs voyant le regard inquiet de mes filles (les demoiselles canari) je décidai de leur donner un peu d’intimité en plaçant devant leur nid un petit rempart, une feuille de journal, pour qu’elle se sente à l’abri des intrus. En fait ce rempart fut placer plutôt, afin qu’elles ne s’aperçoivent pas trop de ma présence d’éleveuse inexpérimentée. Moi que je considérais encore comme une intruse dans leur vie de canaris couveuse.
 
La date fatidique arrivée… Rien, pas de petits poupou poussins…Pourtant selon les recommandations de cet absent d’éleveur qu’est mon mari, j’avais bruiné (arroser) mes oeufs régulièrement, elles n’avaient manqué de rien ni de graines ni de brocolis, ni de pomme, ni d’attention et surtout ni d’observation. Panique, consultation du site de mon éleveur favori (mon mari) j’avais tout bon j’avais tout bien fait peut-être trop…..50% des poussins venaient au monde et parfois rien du tout ! mais qu’avais-je omis ? Pour que ces embryons ne puissent avoir vie?

Je me lançai sur Internet voir tout ce qui se disait sur la mort de l’embryon dans l’oeuf…QUE DES FOUTAISES…Trop de consanguinités (aspect auquel nous faisons très attention) ,  donc impossible que MES femelles qui arrêtent de couver. NON JE LES AI BIEN OBSERVÉ, elles n’ont pas bronché de leur nid et de leurs obligations. Découragé et démotivé, je mis en œuvre un truc que jadis mon éleveur évaporer au loin avait mis en pratique soit de prendre un petit contenant d’eau température embryon et dit faire flotter mes œufs afin de voir s’il y avait de l’activité à l’intérieur…Alors tout le monde à la flotte … .En fait, les œufs à la flotte, car je ne savais pas s’il y avait du monde vivant à l’intérieur. SURPRISE ceux-ci tanguaient joyeusement, laissant présager qu’il y avait quelqu’un de prisonnier à l’intérieur. OH ! mes petits poupou que faire pour vous libérer de ces méchantes coquilles qui vous garde prisonniers de votre vie. Je pris donc mon courage à deux main, c’est le cas de le dire, et j’entrepris de libérer ces petits êtres de leurs vilaines coquilles restrictives, qui pourraient devenir leurs tombeaux. Me guidant de ma lumière magique afin de repérer la bulle d’air, ceci dans le but de ne pas handicaper mes futurs bébés, j’entrepris de faire une incision. MALHEUR une goutte de sang jaillit mettant fin à mes espoirs. Couverte de culpabilité d’avoir mis fin de façon sanglante à ce petit être qui ne demandait que de voir la lumière du soleil, je replacer tous les œufs giguant dans leurs nids auprès de leurs mamans respectives.

 Le cœur en berne… Quelle ne fut pas ma surprise de voir qu’au petit matin 5 des 8 naufragés avaient éclos…Et oui éclos ! VICTOIRE et d’après vous pour quelle raison mes petits poupous venaient-il d’éclore ? et bien à la lumière de ce que m’a dit mon explorateur d’éleveur, ce bain involontaire avait permis à cette coquille revêche de s’amollir afin de laisser la chance à mes petits poussins, de casser la méchante coquille avec leur mignon petit bec. Qu’ils sont beaux tout nus mes petits poulets ! faisant raviver mes espoirs d’éleveuses responsable et efficace. Et c’est tout guilleret que j’entrepris de leur moudre un œuf cuit dur afin de rassasier leur faim.

 Mais là encore, nuages à l’horizon,   une de ces mamans inexpérimentées ne semble pas voir la proximité de ce repas indispensable à ses poussins.

J’AI OBSERVÉ qu’une de ses mamans à la cervelle d’oiseau semble se complaire dans son rôle de couveuse, sans tenir compte de ses responsabilités nourricières. Les autres elles ont compris, mais pas celle-là. POURQUOI PAS CELLE-LÀ? C’est quoi qu’elle a CELLE-LÀ? LE BLUES POST-PARTUM, un neurone en moins,   c’est quoi son problème ?…..Bon il faut laisser une chance au coureur, mais elle, elle ne court pas elle couve des oeufs hypothétiques.  No panic… Je vais lui laisser le temps de réaliser qu’elle est devenue MAMAN. Le lendemain MAMAN n’a pas réalisé qu’elle était une MAMAN. Les poussins sont faibles et j’ignore combien de temps, ils survivront. SELON MES OBSERVATIONS.

 

Le tout pour le tout, qui ne risque rien n’a rien, écoutons notre instinct, on déménage la marmaille chez une mère pourvue de son instinct maternelle. Toutefois, il ne faut rien mélanger et respecter les lignées. Donc, une seule solution MARQUÉE ces déshérités. Mais comment et avec quoi ! J’en viens à la conclusion qu’un point bleu sur le dessus de leur tête fera l’affaire, celui-ci fait à l’aide d’un crayon-feutre. Ceci fut fait et la marmaille fut transférée chez une chic maman oiseau soucieuse du bien-être de ses poussins. Ce petit point bleu si apparent lorsque exécuter à tendance à s’effacer assez rapidement, trop rapidement, donc à chaque jour je vérifie sa présence et le refait au besoin. Toujours selon les conseils de mon observateur et absent d’éleveur de maris, il me suggère le colorant alimentaire. Cela semble une bonne idée étant donné que ce colorant alimentaire est naturel (en principe) Et naturellement il nous tache les doigts des jours durant. De la marde … .les petits volatils dégoulinent de bleus, je doute même que sa mère adoptive lui donne à manger, il serait tout à fait normal qu’elle se croie envahie par des  E.T, ce qui ne fut pas le cas heureusement. J’opte donc pour le petit point bleu sur le coco quitte à le refaire tous les jours. Suite à cette expérience de non-éclosions et aux précieux conseils de mon éleveur de maris déserteur, je baisse ma température de 2 degrés, je passe de 21 degrés Celsius à 19 degrés Celsius,   afin que la chaleur ne cause plus de problème d’opacité de l’œuf. Tout va bien…………………Les femelles mamans donnent allègrement à manger au pousaillons et tout beigne, mon cœur aussi. Tout va comme sur des roulettes et je m’attribue maintenant le TITRE D’éleveuse de canaris, j’en parle même au bureau. Je suis HOT en titi, même si mon expatrié de mari n’est pas là, j’élève seul des canaris.

CATASTROPHE » »  »

C’est lors d’un coup de téléphone de mon éloigné d’éleveur que je prends conscience de la fragilité de la vie. Me posant des questions sur mes OBSERVATIONS il me demande si tout est OK, l’eau tue vérifie?…Ha ! bien sûr l’eau pas de problème, je remplie le réservoir (Il faut savoir ici que nous avons un réseau de distribution d’eau avec clapet) mais je ne sais pas trop pourquoi on dirait qu’ils boivent moins que d’habitude. As-tu vérifié dans les cages si les oiseaux ont de l’eau en vérifiant les clapets. NONNNNNNNNNNNNNN pourquoi ! ton réseau n’est-il pas fiable ??????? Va donc voir s'il te plaît! Encore des doutes, il ne me fait pas confiance…On sait bien ! Alors, je vérifie, la routine quoi, il ne me fait pas confiance quoi ! AAAAAAAAAhhhh, PLUS D’EAU, PAS UN TIT PEU..…  ..PU PENTOUTE avec toutes ses mamans occupées à nourrir leurs progénitures. Tu n’a pas OBSERVÉ que leur oeil est plus petit et semble plus sec. NON JE N‘AI PAS OBSERVÉ. Mais pourtant je ne fais que cela observé. Je lâche le téléphone tremblotante et cour dans la cave comme une poule pas de tête afin de trouver les abreuvoirs, que je remplis et distribue à qui mieux mieux. Tous semblent assoiffés et se gavent de cette eau de VIE. Je me sens coupable de n’avoir pas OBSERVÉ et de m’être laissé prendre à ce faux confort d’éleveuse ACCOMPLIE »,   ils boivent tous comme si leur dernière heure était arrivée………………………………J’ai frôlé la catastrophe. Imaginer tous le monde mort le matin lors de ma tournée juste à l’imaginer j’ai des frissons. 15 minutes plus tard, la lumière s’éteint, ouf j’ai passé proche de la catastrophe……….

Donc fautive et repentante, je vais me coucher. Comme mes pensées sont toujours tournées vers ma progéniture ailée, je commence à douter que mes petits bébés oisillons ont reçu leur dose d’eau vitale, les mamans OUI mes les petits poussins NON. Donc c’est armé d’une seringue d’eau que je m’applique à satisfaire ses gosiers assoiffés, dans la mesure de mon possible. RÉSULTAT ! le lendemain matin 15 survivants, je dis bien survivant 2 MORTS. Ça, ça part mal une couvée, parce que cela étourdie un peu le poussin. Car l’apport en eau et en nutriments est CRUCIAL à ce stade de son développement. De son lointain habitacle, LE GRAND ÉLEVEUR avait sauvé la couvée…Et les mamans

P.S Garder toujours vos vieux réservoirs à eau, même si vous installer un système d’irrigation (tu ne sais jamais quand il va décider de fucker)

OUF qu’elle aventure ! 

Maintenant ayant bien profité en chair et en cartilage, il est temps de baguer les petits. Afin de bien identifier à quelle famille il appartient. Ayant observé dans le passé la technique de mon imaginatif éleveur qui consistait à sucer la patte de l’oisillon afin de faciliter l’insertion de la minuscule, minuscule, minuscule petite bague. Je tente cette approche. Tenir l’argot principal vers l’arrière et faire coïncider les trois autres doigts dans la petite, petite bague. ÉCHEC, on recommence maintenir l’argot principal vers l’arrière et faire coïncidé les trois autres petits doigts afin d’y glisser la bague et surtout resucée la patte. ÉCHEC, on recommence, maintenir l’argot principal vers l’arrière et faire coïncidé les trois autres doigts afin d’y glisser la maudite bague. Mais qu’esse qu’elle a la maudite bague, ils ont rapetissé le modèle cette année ??? Bon il faut trouver une solution, car un oiseau pas bagué est considéré par mon charmant éleveur comme un oiseau sans appartenance.  Donc c’est avec l’aide d’une huile minérale que je retente ma chance, c’est huileux en bibitte ! Donc, on trempe la patte et après, et bien après il vous glisse entre les doigts… ..J’ai chaud , je suis angoissé et pas du tout amusé par cette tache. En plus, mes ongles en plastique me compliquent la besogne. Je n’ai d’autre choix que de m’arracher ces prothèses débilitantes afin de parvenir à baguer ces petits êtres grouillants. Car dans mes premières tentatives, en tirant un peu trop fort sur les griffes, j’ai handicapé un de mes petits trésors (horreur) moi qui les combles de toutes mes attentions et de tout mon amour, j’ai fait de l’un de ces petits, un être un déformé qui risque d’handicapé toute sa vie

MAUVAISE ÉLEVEUSE, MÉCHANTE ÉLEVEUSE  en fait, je ne suis plus digne de ce nom !

En fait je déteste cette étape du baguage et encore aujourd’hui ! J’AILLIT CA !

Bon tout va bien !!!! pour le moment……

On recommence à OBSERVER. Et qu’observe-t-on ? Que les excités de maman ont décidé de faire un nouveau nid, et ce, sans que pour autant la marmaille soit finie d’élever. Et comme matériel de base, les épouvantables mamans se servent du doux duvet de leurs poussins titubant qu’elle prélève à grandes becquées. Et puis si tu n’a pas observé, ce n’est pas trop long qu’elle le déshabille tout nu !

Ces petits êtres sans défense étant alors voués à une mort lente sans leurs plumettes pour se réchauffer. Tu as beau placer une lampe chauffante 1 fois sur 2 il meurt.

Attendez-vous à l’entendre piewepiewter un maudit bout ! Dans cette situation mon INSENSIBLE D’ÉLEVEUR, vous dirait qu’il vaudrait mieux l’éliminée ! L’ÉLIMINER…………………MOI… L’ÉLIMINER… …………..Ah ! ben NON !

Mais j’ai abdiqué, car au bout de quelques jours de piewpiew désespéré, j’ai craqué, j’ai décidé non pas de l’éliminer… ..Mais de l’éloigner. J’us l’idée de l’envelopper dans un mouchoir (pas dans un papier de toilette) de le déposer gentiment dans un tit plat et de le mettre… .dehors à -20.

Cela à marcher ! en tout cas l’oiseau déplumer n’était plus dans son petit plat le lendemain. Je n’ai pas trop osé penser à ce qui lui était arrivé. Au moins, je ne l’entendais plus souffrir. Car je vous dis cela sape le moral.

Bonne affaire de faîtes!

Donc, pour éviter ce carnage ayez l’œil à l’observation et séparez par un joli grillage la méchante maman plumeuse de ces frêles poupou doux. Au moins elle va juste pouvoir leurs plumer le bedon, et de cela ils s’en remettront

À suivre….

 

 

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