Débutons par l’œuf. Une fois que la femelle a pondu son
premier œuf, il est normalement soustrait et déposé dans un petit plat dans
lequel on a déposé des graines d'alpiste (environ 1 cm) . La femelle pond un
œuf par jour et en moyenne quatre œufs. On retire les trois premiers œufs et
on les réinstalle par la suite quand le troisième œuf est pondu. On remplace
le premier œuf par un oeuf de plastique. Cette astuce fait en sorte que tous
les œufs éclosent en même temps. Si on ne fait pas cette procédure, les
derniers petits seront mal nourris, car les oisillons grandissent très vite
au début. Les derniers ne pourront rattraper le retard. Ils seront chétifs
et ne pourront se développer de façon à exploiter leur plein potentiel
génétique. Et mourrons probablement.
Maintenant, les jeunes sont éclos. La luminosité se situe à 13.5 heures par
jour. Les parents s’en occupent et les nourrissent. Il est alors très
important que les jeunes reçoivent une alimentation adéquate. Tel que
mentionné précédemment, ils grandissent très rapidement. Dans la nature,
plusieurs oiseaux granivores deviennent, en partie, insectivores lorsqu’ils
nourrissent leurs jeunes. La raison principale qui motive ce changement est
le besoin en protéines. Pour les canaris, c’est principalement l’œuf qui
comblera ce besoin (voir
l’œuf et les protéines) . Pendant les 5 premiers jours, je donne
uniquement un quart d'œuf cuit dur par jour comme supplément. Par la suite,
je passe à la pâtée à l'œuf. Parallèlement aux protéines (après cinq jours),
le petit a besoin de vitamines, de minéraux et d’hydrate de carbone.
Les vitamines sont ajoutées à la pâtée à l’œuf sous forme de supplément
alimentaire. Personnellement, j’utilise des vitamines en poudre
PRIME ou de l’huile de foie de morue. Je donne aux
parents un morceau de pomme ou du brocoli à tous les jours après le
10 ème jour. Plus un légume est vert, plus il est riche en vitamines et
nourrissant. La laitue ne vaut rien comparativement aux épinards par
exemple. À cette étape, quand les parents nourrissent en parts égales, œuf,
légumes/pommes et graines, les jeunes se développent adéquatement.
Il est important de fournir aux jeunes une alimentation variée dès le début,
car ils développeront de bonnes habitudes alimentaires dès le départ. À une
semaine environ,
il est temps de les baguer. La prochaine période importante dans le
développement des oisillons est la période où les plumes principales (les
pennes) se développent. Celles-ci sont constituées presque exclusivement de
protéines. On continue la pâtée à l’œuf et on ajoute pendant cette période
des probiotiques (voir les
probiotiques, un plus pour votre oiseau) et du pollen d'abeilles.
Quand les jeunes se tiennent sur le rebord du nid, il est important de
surveiller les parents. En effet, il y a des risques que la mère, pressée de
refaire une deuxième ou une troisième nichée, à la recherche de matériaux,
décide d’utiliser les plumes et le duvet de ses petits pour commencer le
nouveau nid. Ceci est la première épreuve. Il faut veiller à ce que
la femelle ne manque pas de matériel ou encore, séparer la mère des petits à
l’âge de trois semaines environ.
Peu à peu, les petits commencent tranquillement à se nourrir seuls. Je leur
donne un petit plat de 10 cm par 5 cm par 3 cm de haut avec des graines de
canaris cassées (passer sous le rouleau à pâte), mélangées avec de la pâtée
à l'œuf 50% et 50% de couscous. Ils ont besoin d'eau propre à tous les
jours, car ils sont assez maladroits à cet âge, ils s’énervent facilement et
entretiennent leurs cages comme les « ados » humains. Ils contaminent
souvent leur eau.
À six semaines, ils sont sevrés. Je les transfère en volière (2 mètres par 1
mètre par
1 mètre). Ils commencent leur mue juvénile à 10 semaines environ (voir
la mue). Ils perdront toutes leurs plumes sauf les pennes
(grandes plumes des ailes et de la queue). Ceci est la deuxième épreuve. Les
jeunes doivent refaire leur plumage, ce qui constitue un stress important
pour l’organisme de l’oiseau. Si le système digestif du jeune serin n’est
pas parfaitement fonctionnel, il risque de maigrir (going light)et de
mourir à l’âge de 12 semaines environ. Il est donc important de garder un
oeil attentif sur les fientes de l’oiseau (voir
une crotte qui en dit long). L’ajout de probiotiques dans leur pâtée
à l’œuf est très bénéfique. Depuis que je les utilise, je n’ai jamais eu de
problèmes pendant cette période. La mue peut prendre de trois à six
semaines.
Cette étape terminée je commence à mettre mes oiseaux aux graines.
C’est-à-dire que les gâteries, (pâtée, légumes et fruits) sont données deux
fois par semaine au lieu de pratiquement tous les jours. Le mélange de
graines passe de graines de reproduction à un mélange de graines de repos.
Je commence également à leur donner de la moulée granulaire (voir
l’alimentation). Ces granules sont équilibrées et je les utilisent
afin de combler les besoins en vitamines et minéraux de mes oiseaux.
J’observe et j’écoute mes oiseaux, je sélectionne les mâles chanteurs et
leur mets une bague distinctive. Je les installe dans des cages seules où
ils exercent leur chant en compagnie d’autres mâles plus vieux. C’est
l’écolage. Cette pratique permet aux mâles de développer leur chant. Les
femelles sont gardées en volière.
Je pèse les oiseaux et je garde cette information sur un registre pour
consultation future. La luminosité est abaissée graduellement à 9 heures par
jour (c’est l’hiver). Pendant cette période, les oiseaux ne mangent que des
graines de repos et, une fois semaine, ils ont de la pâtée aux œufs, un
légume ou un fruit. Je leur offre un bain une fois par semaine.
Je remplace mes tubes fluorescents à large spectre
(voir la luminosité) et
j’augmente ma luminosité graduellement, soit une heure par mois. Quand
j’atteins onze heures de lumière par jour, je commence à conditionner mes
oiseaux pour la reproduction.
Le début du conditionnement se fait avec des graines germées deux à trois
fois semaine. Un mélange de graines de reproduction et de la pâtée aux œufs
deux fois semaine, enrichie à l’huile de foie de morue. C’est le printemps !
Les graines germées sont riches en vitamine E, ce qui favorise la fertilité.
De plus, dans la nature au printemps, on retrouve beaucoup de graines
germées. Ce processus naturel prépare les oiseaux à la reproduction.
Un mois après ce traitement, on aura 12 heures de lumière par jour, je coupe
les ongles de mes oiseaux et je les traite avec du
avian insect liquidator contre les
parasites et du Scatt. Je leur donne des graines de reproduction avec un peu
de chanvre. Je pèse les oiseaux et je corrige au besoin. Un canari pèse 20
grammes en moyenne. J’accepte 23 grammes en période de reproduction.
J'observe les couples qui sont prêts, je sélectionne les reproducteurs et
les mets dans une cage commune avec un nid. J'évite de donner trop de
nourriture riche à cette étape, car un couple trop « boosté » aura tendance
à pondre des oeufs clairs. J'attends que la ponte commence avant de donner
de la pâtée à l'œuf à tous les jours.
Pendant la couvaison, j'arrête la pâtée à l'œuf et je donne un peu de
chanvre germé uniquement comme complément. Pour plus de détails sur la
reproduction (voir
mon
article sur la
reproduction).
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