L'OEUF ET LES PROTÉINES (texte traduit et adapté)


À cause principalement de leurs petites tailles, les petits canaris ont une température corporelle très élevée et un métabolisme très rapide. Ce qui veut dire qu’ils ont un plus grand besoin en protéines complètes que les oiseaux plus gros. Dans leur habitat, les insectes et autres petites bestioles leur procurent les protéines nécessaires à leur bonne santé.

Les protéines sont formées de petites « briques » appelées acides aminés. Les recherches
dans ce domaine démontrent qu’il y a environ 22 acides aminés différents. Formés de plus de 1000 combinaisons différentes, ces agencements forment toutes les structures des créatures vivantes. Des parties aussi différentes que les plumes, le foie, les muscles, le bec ainsi que tous les autres organes sont faits de protéines (protéines organiques).

Environ dix acides aminés ne peuvent être synthétisés ou fabriqués par le corps de l’oiseau. Elles doivent être disponibles dans la nourriture. On les nomme les acides aminés essentiels. Quoique tous les acides aminés soient essentiels à la vie, ceux-ci ne peuvent être métabolisés par l’oiseau et doivent être disponibles dans la nourriture quotidienne. On devient ici un peu technique, mais voici la liste des dix acides aminés essentiels. La Alpha-beticalli, arginine, histidine, isoleucine, leucine, lysine, méthionine, phénylalanine, thionine, tryptophane et valine.

Il faut garder en tête que tous ces acides aminés ne peuvent être entreposés dans le corps de l’oiseau et qu’il doit y en avoir de disponible dans sa nourriture quand il en a besoin. Soit lors de la croissance, soit lors de la restructuration organique comme la mue ou la fabrication des ongles. Tous les acides aminés qui ne sont pas nécessaires pour fabriquer des protéines organiques sont utilisés comme source d’énergie pour les besoins de la journée.

La nourriture qui contient un certain pourcentage d’acides aminés essentiels est appelée protéine complète. La plupart des protéines qui proviennent du monde animal sont des protéines complètes. Par contre, les protéines qui proviennent du monde des plantes sont la pluspart du temps incomplète, ce qui veut dire qu’il leur manque une ou plusieurs acides aminées essentiels. Les insectes et les œufs par exemple sont des excellentes sources de protéines complètes.

Si vous êtes concernés par la quantité de protéines que vous donnez à vos protégés, commencez par regarder la quantité inscrite sur les étiquettes des nourritures que vous achetez dans les commerces. Il y a deux pièges sur la quantité de protéine inscrite. Premièrement, les protéines ne sont pas nécessairement des protéines complètes, certaines de ces protéines ne sont pas nécessairement transformables en tissus ou autres protéines organiques, ce qui veut dire qu’elles sont utilisées uniquement pour combler les besoins énergétiques journaliers de l’oiseau.

Le deuxième terme couramment utilisé est le terme « protéines brutes » ou « crude protein ». Bien des fois, une bonne partie des protéines brutes sont des formes de protéines incomplètes, et certaines parties ne peuvent parfois être digestibles. Servant ainsi presque uniquement à favoriser la digestion sous forme de fibres. Le contenu des protéines dans la nourriture doit être des protéines complètes afin d’être disponible pour la réparation des cellules, le remplacement des cellules, la réparation des muscles, la pousse des plumes des ongles et du bec. Si les protéines sont incomplètes, elles ne peuvent servir qu’au besoin énergétique de l’oiseau.

Quand les oiseaux ne reçoivent pas la quantité de protéines nécessaire à leur développement, ils commencent à picoter et à manger les plumes de leurs voisins. Les plumes sont pratiquement fait de protéines à 100% et les oiseaux reconnaissent instinctivement celles-ci comme une source de protéines dont ils ont tant besoin. Le picotage et la perte de plumes dans une colonie d’oiseaux sont le premier symptôme d’un manque de protéines. Le manque de minéraux peut créer le même genre de problèmes, mais la carence en protéines est de loin le problème le plus commun chez les canaris.

Un oiseau qui est « poffé » dans un coin est souvent en manque de protéines ou d’autres éléments essentiels. Cette attitude ouvre la porte aux maladies et aux infections de tout genre. Et si on n’y remédie pas au plutôt, il mourra probablement dans un avenir rapproché.

Quand l’alimentation d’un canari est suffisamment riche en protéines pour le maintenir en bonne santé, ceci ne veut pas nécessairement dire qu’elle l’est lors de la période de la mue ou de la reproduction. L’oiseau peut être en parfaite santé, mais en période de nichée, il décline progressivement. Les oisillons ont besoin d’un apport en protéines énorme pour leur développement et le maintien de leur santé. Des oisillons qui sont nourris avec une nourriture déficiente en protéines grossiront moins vite et ce manque de protéines risque de les affecter toute leur vie (s’ils en ont une). La demande en protéines atteint un sommet quand les plumes apparaissent sur les oisillons. Un manque de protéines à ce stade est presque invariablement fatal. Raison de plus pour s’assurer que tous les petits éclosent en même temps (enlever les premiers œufs à l’éclosion) afin d’avoir des chances identiques d’être convenablement nourris.

Un manque de protéines partiel causera un ralentissement dans le développement des jeunes. Le corps de la plume risque de s’ouvrir trop vite. Les jeunes sortiront du nid avec seulement des plumes sur leurs ailes et leur queue. Laissant dégarnis de grandes parties du corps principalement sur le cou, la poitrine et la tête. La nature fait en sorte que les protéines sont utilisées en premier pour les plumes les plus importantes à la survie. Les jeunes seront petits et paraîtront en mauvaise santé.

Les meilleures sources de protéines pour tous les canaris sont, les aliments pour la volaille en granule pour jeune (début dinde ou poussin), et les œufs cuits durs. Pour tous les canaris, ces nourritures sont assez riches en protéines pour amener les jeunes à l’âge novice de façon adéquate.

Les granules commerciales genres moulés sont fantastiques pour leur valeur nutritive. Mais bien qu’elles soient adéquates pour le maintien de la santé de vos oiseaux, elles ne sont pas assez riches pour les périodes de grande demande protéique comme la reproduction et la mue. Une nourriture de reproduction doit contenir au minimum 20%. Vérifier la contenance en protéines de votre pâtée d’élevage. Si elle est inférieure à 20%, elle ne convient pas à l’élevage de vos canaris.

L’œuf cuit dur, réduit en pâtée, est une nourriture haute en protéines complètes adéquates pour les canaris. Les œufs ne sont pas dispendieux, hautement nutritifs, disponibles partout et sont faciles à préparer. Les œufs contiennent un mélange quasi parfait de protéines complètes, de vitamines, de minéraux et de matières grasses. Après tout, l’oisillon croit d’une simple cellule fertilisée à un organisme complet avec comme seul nourriture le contenu de l’œuf! Une fois que l’œuf est pondu, rien ne peut lui être enlevé ou ajouté, sauf la vapeur d’eau et certains gazs qui peuvent traverser la coquille. S’il y a une déficience quelconque dans l’œuf, l’embryon ne survivra pas et mourra avant d’éclore.

Une fois que l’oiseau a appris que cette pâtée jaune est une nourriture, il en mangera régulièrement et avidement. Un bon aviculteur devrait toujours s’assurer que ces nouveaux locataires connaissent et mangent la pâtée à l’œuf avant de les relâcher en volière avec les autres oiseaux. Ce faisant, il peut être assuré que celui-ci sera adéquatement nourri et vivra longtemps et en santé.

Pour préparer une bonne pâtée à l’œuf, vous devez simplement faire bouillir celui-ci pendant 10 minutes (quelques minutes de plus pour un œuf extra gros). Refroidissez l’œuf à l’eau froide et retirez la coquille. Cette opération est simplifié par le fait que l’œuf en refroidissant absorbe l’eau ce qui facilite grandement l’épluchage. Une fois l’œuf « à nu » essuyez-le avec un essuie-tout.

Quand l’œuf est raisonnablement sec, écrasez-le avec une fourchette afin de bien mélanger le jaune et le blanc. Si le jaune est teinté de vert, c’est que vous avez trop fait cuire votre œuf et le soufre s’est concentré entre les deux membranes. Ceci n’enlève en rien ses propriétés nutritives, mais nuit un peu à l’esthétisme. On peut ajouter au mélange un peu de vitamines en poudre (genre PRIME ) et un peu de poudre de protéine de soya. Ce mélange sera riche en éléments nutritifs et idéal pour vos oiseaux. L’avantage de l’ajout de la protéine de soya en poudre (outre l’augmentation substantielle de protéines), c’est d’assécher légèrement le mélange.

Si vous répandez ce mélange sur une grande surface, il sera consommé par vos oiseaux et le mélange qui reste séchera et ne se gâtera pas.

Il est fréquent de voir les oiseaux délaisser un mélange qui est trop humide. De plus, un mélange humide est idéal pour la prolifération de bactéries. Il est donc conseillé de trouver la bonne consistance afin que les oiseaux consomment la pâtée et que les restants ne se corrompent pas.

Il est important de mentionner que c’est le blanc qui contient les protéines et pas le jaune. Ce dernier comprend d’autres nutriments vitaux dont les oisillons en pleine croissance ont besoin.

Tous les oiseaux, une fois familiarisés avec ce mélange, en mangeront avidement. Si votre portion est trop grande, vous pouvez conserver les restants au réfrigérateur pendant deux ou trois jours. Pour de plus grandes quantités, il est conseillé de les faire congeler en petite portion. Les valeurs nutritives sont très peu altérées par ce processus. De plus, cette méthode peu être fort pratique si vous devez vous absenter et donner la garde de vos protégés à un ami pendant un voyage ou autre. La seule chose qui sera affectée par la décongélation est la consistance. Il sera peut-être nécessaire de l’assécher avec un peu de « CÉDÉ » ou tout autre mélange sec.

La coquille d’œuf réduit en poudre ou en petits morceaux est une excellente source de calcium. Le calcium est essentiel pour l’oiseau, mais il doit être adéquatement balancé avec le phosphore. Le phosphore se retrouve en grande quantité dans la verdure. De plus, les oiseaux ont besoin de ce minéral pour se garder en santé.

Une pâtée à l’œuf qui n’est pas diluée avec des céréales ou autres produits sera normalement suffisante en protéines essentielles pour la plupart des élevages. Dans certains cas, quand les parents ne nourrissent pas leurs jeunes par régurgitation, il sera nécessaire de donner des insectes vivants, mais, dans les autres cas, la pâtée à l’œuf enrichie sera suffisante.

Comme cité précédemment, la quantité de protéines essentielles nécessaire lors de la reproduction doit se situer entre 20 et 25%. Par contre, certains éleveurs diront qu’ils réussissent très bien avec une nourriture contenant seulement 5% de protéines. Quelle est l’attrape ?

La plupart des étiquettes que l’on retrouve sur le marché décrivent la valeur nutritive du produit acheté. On y retrouve entre autres la quantité minimale de protéines d’hydrate de carbone, de fibres et autre composés de la nourriture. La notion de base que l’on doit maîtriser afin de bien comprendre ces indications est la quantité d’eau contenue dans l’emballage. Les mélanges commerciaux peuvent sembler complètement secs, mais la valeur en eau se situe bien des fois entre 16 et 20%. L’analyse des fruits et des légumes nous prouve que ceux-ci sont constitués principalement d’eau (entre 80 et 95%), ce qui veut dire qu’il ne reste que 5% de leurs contenus qui possède des nutriments !

Évidemment, l’eau est nécessaire à la vie. La vie peut exister sans air, sans lumière mais pas sans eau. L'eau sert à trois choses chez l’être vivant. Premièrement, l’eau maintient toutes les cellules du corps en santé, flexible et en bon état de fonctionnement. Deuxièmement, l’eau transporte, avec le sang, les nutriments nécessaires à l’existence. Troisièmement, l’eau sert de diluant afin d’éliminer les rejets du corps sous forme d’excréments. Il n’y a pas de calorie dans l’eau et l’eau n’a aucune valeur nutritive. Bien sûr les substances qui se dissolvent dans l’eau comme les sucres, les vitamines et les minéraux sont des nutriments, mais l’eau n’en est pas.

Quand vous regardez un contenant, notez premièrement la quantité d’eau. Plus le niveau est élevé, moins il est riche en nutriments. La laitue avec 95% d’eau ne contient que 5% d’éléments nutritifs et ceux-ci sont composés presque uniquement d’hydrate de carbone. Par contraste, une graine de tournesol possède 95% de nutriments. Si chacun de ces items coûtait 1.50$ le kilo, la valeur des éléments nutritifs pour la graine de tournesol serait de 1.85$ le kilo tandis que la laitue serait de 30.00$ le kilo! Tout ça à cause de l’eau.



Regardons ensemble les informations retrouvées sur une étiquette de nourriture pour élevage vendue dans le commerce.




Un autre dit « pâtée insectivore » indique ceci :



Donc 46% d’eau. Par expérience, nous savons que l’œuf est une excellente pâtée d’élevage. Par contre, l’œuf contient beaucoup d’eau et à première vue on peut se demander comment 24.5% de valeur nutritive et 12.5% de protéines peuvent bien faire pour combler les besoins de nos oisillons. Rappelons-nous que l’eau n’a aucune valeur nutritive, mais qu’elle est essentielle au transport des nutriments et à l’élimination des toxines.
Après avoir enlevé le contenu de l’eau à l’œuf, sa valeur nutritive nous apparaît bien différente. (L’analyse suivante ne reflète pas les qualités en matière de vitamines, car ceux-ci sont toujours présents en petite quantité dans la nourriture soit moins de .5%.)




Ce 51% de protéines sont des protéines complètes, c’est ce qui donne le « Boost » et la rapidité de croissance incroyable aux oisillons qui en sont nourris. Certains auteurs affirment que si les petits des tourterelles diamant sont nourris de cette mixture, ils quitteront le nid complètement emplumés et capables de voler 11 jours après l’éclosion. Cette rapidité de croissance se retrouve uniquement chez certains astrilds qui sont nourris aux insectes vivants !

Les insectes sont extrêmement riches en protéines (plus de 70%). C’est la raison pour laquelle les petits des canaris qui sont nourris aux insectes grandissent si vite.

Les vers de sang (Bloodworm) sont très riches en protéines (plus de 61%) mais ceux-ci contiennent plus de 93% d’eau. Par contre, le 7% qui restent est constitué presque exclusivement de protéines.

À la lumière de tous ces faits, nous pouvons conclure que le poids sec (sans l’eau) de toute nourriture d’élevage doit être le plus près possible de la quantité de protéines que l’on retrouve dans l’œuf. Les protéines doivent avoir le plus haut pourcentage suivi par les matières grasses, les minéraux et les hydrates de carbone doivent se retrouver au dernier rang et en bas pourcentage pour toute nourriture que l’on considère comme nourriture d’élevage.

La période d’élevage nécessite une prédominance en nourriture riche en protéines. Une pâtée qui contient plus de 20% en sucre, en fécule ou en sous produits de boulangerie ne devrait pas faire partie d’un élevage moderne. Une nourriture qui a prédominance en hydrate de carbone sera désastreuse pour l’élevage. Les petits, s’ils ne meurent pas au nid, seront mal emplumés et faibles. Les hydrates de carbone ne sont pas nécessaires pour les jeunes au nid, s’ils sont administrés en excès pendant cette période, elles créeront des dommages permanents aux oisillons.